De retour aux Philippines une seconde fois pour m’investir cette année au Dalayunan, centre de délinquants pour enfants d’Iloilo, j’ai passé un week-end à Passi pour revoir les filles de Caméléon et travailler un peu pour l’atelier d’artisanat. Quelle surprise de revoir les filles !!! Certaines me reconnaissent, d’autres pas. Mon cœur bat à 100 à l’heure lorsque j’aperçois Peche qui ne me reconnaît pas tout de suite. Peche est arrivée l’année dernière lors de mon séjour avec le Cirque Zanzibar. Elle a grossi et semble très à l’aise à présent. Les activités de la journée passent et Peche se souvient de moi. Elle me demande alors ce que je viens faire ici aux Philippines. Je lui réponds secrètement que je suis venue la voir. Les filles ici au centre ont une profonde reconnaissance de leurs parrains/marraines. Si vous saviez comment elles dévorent vos lettres et vos photos !
Le second temps fort de mon passage éclair fût un temps tout particulier partagé avec Angelika. Angelika est une jeune fille réintégrée qui habite dans le centre de Passi avec trois autres colocataires. Elle donne des cours de cirque aux filles de Caméléon et a été perfectionnée cet été en France par le cirque Zanzibar. Tous les samedis, les filles s’entraînent aux arts circassiens grâce à plusieurs formatrices de Caméléon. Certaines d’entre elles font plus de 8 heures de route pour venir entraîner les filles du centre. Les voir former les plus jeunes est un pur bonheur. Constat que le centre tourne bien. Angelika est une jeune fille pleine de bon sens et qui a la tête sur les épaules. Après la messe dominicale, nous sommes allées faire le marché ensemble et nous avons cuisiné puis joué aux cartes. C’est chouette de connaître le quotidien des filles réintégrées et d’apercevoir comment elles vivent « l’après Caméléon ». En fait, Caméléon forme des jeunes femmes épanouies. Et c’est en revenant au centre que je m’en suis rendue compte.
Marie-Coralie, volontaire (2006-2007)
Caméléon, une expérience si riche et si jolie qu’il serait impossible d’oublier la chaleur et l’amour, dont débordent les filles…
En arrivant à Passi, je pensais offrir, et à l’inverse j’ai tant reçu, appris, compris, que je repars le cœur plein, d’un amour pur et sincère…
Il n’y a pas un jour, sans que je pense à elles, à leurs sourires et leur force de vivre ; leur ambition donne envie de se battre, pour elles et pour tant d’autres…
Ces sourires qui cachent tant d’histoires m’ont permis d’appréhender la vie différemment, plus simplement ; au centre, les filles chantent, et préparent pour chaque occasion des spectacles de danse, qui touchent, à chaque fois un peu plus les volontaires.
Lors de mon départ, les 40 filles chantaient à cœur plein, ce spectacle m’a énormément touchée, et à cet instant, je me suis dis qu’il m’était impossible de ne pas revenir…
Elodie, volontaire (2007)
J’ai passé 2 mois en tant que bénévole à Caméléon, d’octobre à fin novembre 2006. Deux mois de bonheur au milieu du personnel vraiment gentil et des filles qui, malgré leur dur passé, semblent toujours heureuses.
Un samedi après midi j’ai été attirée par la musique au Sanctuaire aux Papillons, un lieu prévu pour les rencontres entre les filles du centre 1 et celles du centre 2. Il y régnait une joyeuse animation : la musique à fond, une trentaine des filles étaient réunies. Certaines dansaient, d’autres faisaient du jonglage, d’autres du trapèze, certaines s’entraînaient à des numéros de cirque acrobatique, deux petites filles étaient assises par terre en train de jouer aux osselets avec des petits cailloux et une balle de ping-pong, les autres étaient assises et regardaient. Vers 15h la pluie s’est mise à tomber à torrent et les filles sont allées danser sous la pluie : 2 minutes plus tard elles revenaient sous le hall, complètement trempées. Elles ont mouillé le sol et tout le monde glissait... joyeuse hystérie ! Elles riaient comme des folles. J’aimais bien les regarder rire. Quand on les voit ainsi, on a du mal à s’imaginer toutes les souffrances qu’elles ont endurées.
Un grand merci à tous et à toutes !
Deux mois passés trop vite à mon goût et j’espère pouvoir y retourner un jour.
Patricia, volontaire (2006)
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