A l’occasion de la publication d’un communiqué de l’UNICEF sur le fléau qu’est la pédopornographie aux Philippines, le journal l’ATLANTICO a réalisé un point sur la situation :

“La pédopornographie : une véritable entreprise pédophile, qui profiterait de la pauvreté des victimes pour rémunérer leurs scènes de sexe, diffusées en direct sur les réseaux sociaux.

Le président philippin Rodrigo Duterte mène depuis l’été 2016 une offensive sanguinaire envers les trafiquants de drogue qui faisait déjà 2 400 morts début septembre. Une colère et une détermination qu’il ferait bien d’utiliser pour combattre un autre fléau qui sévit dans l’archipel : la pédopornographie. Selon un récent rapport de l’Unicef sur les violences faites aux enfants aux Philippines – à la lecture duquel on apprend que 80% d’entre eux ont déjà été violentés –, il existe un véritable commerce de la pédopornographie, dont les scènes de sexe sont diffusées en direct sur les réseaux sociaux par les tortionnaires, rapporte le site Quartz.

Diffusé en direct sur les réseaux sociaux

Les chiffres de la pédophilie aux Philippines sont particulièrement macabres. À partir de sondages effectués sur une population âgée entre 13 et 24 ans sur l’année 2015, on apprend qu’un enfant sur quatre a subi des violences sexuelles. Les plus exposés à ces sévices seraient les garçons de 13 à 17 ans. Pour l’Unicef, qui s’est exprimé dans un communiqué, les Philippines représentent “l’épicentre de la pédopornographie diffusée en direct”. Comme si le crime n’était pas assez abject, les pédophiles tirent profit de leurs actes en les diffusant sur les réseaux sociaux et les chambres de tchat en ligne de type Chatroulette, gratuitement ou contre paiement.

Le plus gros de l’immonde commerce se produirait dans les grandes villes telles que Manille, la capitale, mais également Cebu ou Davao. En raison d’une grande pauvreté dans certains quartiers, les pédophiles n’ont pas trop de mal à corrompre ces enfants en leur proposant de les rémunérer environ 150 pesos (2,8 euros) contre des scènes de sexe face à la caméra. La pratique est tellement courante qu’il existe même des petites chambres équipées de tout le matériel informatique nécessaire que les pédophiles louent pour perpétuer leurs actes. Le pire dans tout cela : ce sont parfois les parents eux-mêmes qui poussent leurs enfants à se prostituer pour gagner de l’argent.

La situation empire

De manière générale, les enfants philippins ont la vie dure. Travail forcé, malnutrition… Autant de maux dénoncés à de multiples reprises par les médias locaux. Et malgré la loi de répression des cybercrimes passée en 2012 par l’ancien président Benigno Aquino III, la situation ne fait qu’empirer alors que les technologies permettent une mise en ligne de contenus toujours plus rapide et facile. C’est simple : parmi le peu de cas de pédopornographie recensés – on se doute qu’une grande majorité du réseau criminel n’a pas encore été mis en lumière –,  on reportait 57 affaires de pédopornographie en 2013, 89 en 2014 et 167 en 2015, est-il indiqué dans le communiqué. “On voit arriver le phénomène depuis quelques années maintenant ; les cas se sont de plus en plus nombreux”, constate Sarah Norton-Staal, directrice de l’Unicef aux Philippines.

Le plus souvent, les enfants ne se rendent même pas compte de ce à quoi ils participent. “Je ne savais pas que c’était mal de faire ça, puisque c’est ma mère qui me demandait de le faire, raconte Jennifer, une jeune fille victime de ces pratiques. Je pensais juste que nous faisions un spectacle”. En plus d’une culture du silence qui ralentit les enquêtes, “l’âge légal de la majorité sexuelle aux Philippines est seulement 12 ans, souligne Norton-Staal. Il est donc difficile de condamner les pédophiles pour leurs actes. Nous devons élever l’âge légal à 16 ans, ainsi qu’allouer un budget plus conséquent à la traque de ces criminels”.”

Face à la situation alarmante, CAMELEON continue de mener son combat quotidien sur le terrain en apportant son aide aux jeunes victimes.

>> Retrouvez l’article : “Les Philippines ce hub pédopornographique”