Le chiffre est alarmant : entre 60 000 et 100 000 mineurs sont pris au piège de l’exploitation sexuelle aux Philippines. Cela inclut la prostitution, le tourisme sexuel, les vidéos de viols d’enfants, parfois commandités en direct, (le “livestreaming”), ainsi que toute autre activité incitant à de la violence sexuelle. Les enfants sont utilisés à des fins commerciales, majoritairement en échange d’une rémunération.  

 

Etat de la protection de l’enfance aux Philippines et obstacles à l’application des lois  

En premier lieu, les Philippines sont le 4e pays du monde ayant le plus d’enfants prostitués, et sont aussi dans le top 10 des pays produisant le plus de contenus pédocriminels.

Pourtant, en 1990 les Philippines signaient la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). Cette dernière oblige les États parties à reconnaître « le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail » et à « s’engager à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle ». Cette convention stipule d’autre part que chaque État signataire a l’obligation de tout faire pour empêcher l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants.  

Cependant, malgré un environnement législatif favorable à la mise en place de politiques publiques de protection de l’enfance, plusieurs facteurs sociaux, économiques et culturels entravent leur application. 

La pression financière peut pousser des familles à exploiter leurs propres enfants comme moyens de subsistance. De plus, la corruption contribue à cette exploitation en offrant aux responsables une échappatoire face à la justice, renforçant ainsi l’impunité et faisant obstacle à la lutte contre la pédocriminalité.  

Nos actions de prévention et de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants  

Depuis 1997, nous avons admis et protégé 432 filles victimes de violences sexuelles au sein de nos trois maisons d’accueil pour une durée moyenne de trois ans, leur permettant de bénéficier d’un accompagnement individualisé et sur le long terme. 

Notre objectif : les aider à se reconstruire, après le traumatisme vécu, dans un environnement sécurisé et bienveillant offrant accès à la santé, à l’éducation et à un suivi juridique, et leur donnant également l’opportunité de réaliser des activités thérapeutiques adaptées à leur âge et ludiques comme le cirque, le sport, le yoga, ou encore la Médiation par l’Animal.

Ainsi, en cette journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle, CAMELEON réaffirme l’importance de mener une mobilisation massive pour mettre fin à ce fléau. 

Soutenez nos actions 

Finalement, la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants est un combat de tous les jours, et il est essentiel de soutenir les actions visant à briser le silence et à offrir un avenir plus sûr et plus digne à ces enfants.  

Sources :

ECPAT. 2011. Global Monitoring : Status of Action Against Commercial Sexual Exploitation of Children – Philippines. https://ecpat.org/wp-content/uploads/2021/08/a4a_v2_eap_philippines-1.pdf 

ECPAT Philippines. 2016. Stop Sex Trafficking of Children & Young People. https://ecpat.org.ph/about/  

UNICEF Philippines. 2018. Situation Analysis of Children in the Philippines. https://www.unicef.org/philippines/reports/situation-analysis-children-philippines 

UNICEF. 1990. Convention internationale des droits de l’enfant. https://www.unicef.fr/wp-content/uploads/2022/07/convention-des-droits-de-lenfant.pdf