#LePartage

Partager des photos ou des vidéos de vos enfants sur Internet, c’est prendre le risque de les exposer à des prédateurs sexuels.
Ouvrons les yeux sur ces agissements de l’ombre.

Partagez la campagne sur vos réseaux sociaux avec le #LePartage

#LePartage

Foire Aux Questions

Pourquoi cette campagne ?

Cette campagne vient d’un constat sociétal : il est devenu courant que des parents postent des photos ou des vidéos de leurs enfants sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Youtube, Whatsapp). Les jeunes, eux-mêmes très présents sur les réseaux sociaux et les jeux vidéo, publient également des images autoproduites (Youtube, Tik Tok, Snapchat, Fortnite…).

Interview de Socheata Sim, Responsable Prévention, Sensibilisation, Plaidoyer

Plus d’1 parent sur 5 déclarent avoir déjà publié des photos de leurs enfants sur Internet sans flouter leur visage et sans leur accord. (Avast, 2020) et 4 adolescents sur 10 estiment que leurs parents les exposent trop sur Internet. (Etude Microsoft, 2019)

Or ces pratiques ne sont pas sans risques. Une fois publiées sur Internet, ces images peuvent être récupérées par n’importe qui et repostées n’importe où. La campagne sert à alerter le grand public, en particulier les parents, sur le fait que dans le monde 750 000 prédateurs sexuels rôdent sur Internet pour traquer des enfants (Nations Unies). Ils peuvent récupérer les images de mineurs à des fins pédopornographiques mais aussi se faire passer pour des enfants pour agresser sexuellement des mineurs contactés via des jeux vidéo, applications, sites et réseaux sociaux. La France est le 3e pays au monde hébergeur de contenus pédocriminels(Pointdecontact, 2019)

En tant qu’association de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants, nous souhaitons informer les parents du risque de détournement d’images de mineurs et plus globalement du fléau de la cyberpédocriminalité encore méconnu. Nous œuvrons à promouvoir des pratiques de prévention positive car des parents sensibilisés seront plus vigilants pour protéger leurs enfants.

Nous espérons que les internautes, qu’ils soient parents ou non, relayeront notre campagne intitulée “#LePartage”, pourront dialoguer sur cette question et plus généralement sur l’accompagnement numérique des enfants, dans leur entourage et en famille. S’ils n’ont pas d’enfants, ils peuvent toujours alerter et sensibiliser leurs proches qui sont parents et postent des images de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Quant aux parents, s’ils souhaitent publier une photo ou une vidéo de leur enfant, ils pourront repenser à notre campagne, à nos conseils de prévention, et être plus attentifs.

Vous faites une campagne pour prévenir sur les risques de partager les images des enfants. Pourquoi utiliser l’image d’une enfant ? A-t-elle été informée de l’objectif de la campagne et consultée pour donner son accord ?

Nous avons choisi une situation réaliste à laquelle des parents pourraient s’identifier. Avec une petite fille ordinaire, qui semble venir d’un foyer chaleureux. Pour expliquer comment des prédateurs peuvent s’immiscer à notre insu dans notre univers intime, auprès de ceux qui nous sont chers et qui sont vulnérables : les enfants. Ce clip a une visée pédagogique, nous souhaitons provoquer un déclic, que les parents puissent être interpellés et réfléchir à leurs pratiques. La petite fille pourrait être leur enfant et ils auraient pu la partager.

Toutes les formalités légales ont bien été respectées (droits à l’image de l’enfant notamment). Nous avons été vigilants au respect de l’image et de la dignité de l’enfant et restons à sa disposition si elle souhaite échanger avec nous par la suite quand elle aura grandi. Ses parents ont été informés de l’objectif de la campagne et ont pu dialoguer avec elle sur ce sujet.

Dans votre clip, n’est-ce pas culpabiliser les parents en disant qu’ils exposent leurs enfants en partageant des photos avec des prédateurs sexuels ?

La faute incombe évidemment aux pédocriminels qui dérobent ces images à l’insu des familles. Nous ne cherchons pas à culpabiliser les parents, au contraire, nous souhaitons valoriser leurs compétences et les soutenir dans le rôle essentiel qu’ils ont dans l’éducation et la protection de leurs enfants. C’est pour cela qu’en France, nous menons des actions auprès des parents sur les risques liés à Internet et aux réseaux sociaux, lors d’événements comme le Safer Internet Day ou la Journée mondiale du Jeu, ou encore en milieu scolaire ou périscolaire lorsque nous animons des ateliers pédagogiques auprès de leurs enfants.

D’après de récentes études (e-Enfance 2021 et OPEN / Unaf 2022), 44% des parents ne se sentent pas assez accompagnés dans l’encadrement de la pratique numérique de leurs enfants et 32% d’entre eux considèrent même comme indispensable le partage de conseils pratiques. Notre approche de prévention est positive, en favorisant le dialogue parents-enfants et des moments ludiques et de partage autour des écrans (Clip #3 https://www.youtube.com/watch?v=cjs8guQkDqA). Nous partageons des conseils, ressources et bonnes pratiques, sur la parentalité numérique et notamment sur les risques potentiels de cyberpédocriminalité… Par ailleurs, cela nous permet de sensibiliser sur les droits de l’Enfant, le droit à l’image et le droit à la vie privée.

Je suis parent et j’ai publié des photos de mes enfants sur Internet. Je souhaiterais les faire disparaître, comment faire ?

Si vous souhaitez supprimer les données concernant votre enfant, il est possible d’avoir recours à ce qu’on appelle le “droit à l’oubli”. Pour cela, il faut se rendre sur le moteur de recherche que vous utilisez, et accéder au formulaire de contact pour faire sa demande de déréférencement ou suppression des données. Concernant les réseaux sociaux, les modalités et le temps d’effectivité diffèrent selon la demande de retrait de contenus, de désactivation ou de suppression des comptes… Pour en savoir plus, consultez la page dédiée d’e-Enfance.

Mon enfant a été harcelé / contacté par des inconnus sur Internet. Pouvez-vous m’aider ?

Il est important de pouvoir dialoguer avec votre enfant pour qu’il puisse mettre des mots sur ce qu’il a vécu, le rassurer et lui proposer éventuellement un soutien psychologique si besoin. Questionnez-le sur les données personnelles qu’il aurait pu communiquer et qui pourraient le mettre en danger (nom, adresse, école…). Vous pouvez contacter le 3018, numéro national d’assistance pour les enfants et leurs parents en cas de violences numériques, :

  • par téléphone, tchat ou WhatsApp,
  • via l’application du 3018 à télécharger, qui propose une mise en relation avec un écoutant, et donne accès à un coffre-fort numérique pour stocker les preuves du cyberharcèlement à l’encontre de votre enfant.

    Conservez les preuves des différents échanges (captures d’écran…) et informations sur ces inconnus (pseudonymes…). Vous pouvez faire un signalement en ligne et bloquer ces derniers, désactiver /

supprimer l’application ou le compte de votre enfant par lequel il a été contacté. Bloquer c’est protéger votre enfant, signaler c’est contribuer à protéger éventuellement d’autres victimes. Selon la gravité de la situation, vous pouvez porter plainte si vous pensez que cela est nécessaire.

Dans le spot vous parlez des parents qui partagent des photos de leurs enfants. Pour ma part c’est ma fille qui publie ses contenus sur les réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Facebook, Snapchat) et je ne sais pas comment l’en dissuader. Comment réagir ?

L’âge légal minimal sur les réseaux sociaux est de 13 ans mais nombreux sont les enfants plus jeunes à contourner cela. Le dialogue est la clé. Face à certains risques, des interdictions ou limitations strictes peuvent être contre-productives selon l’âge de l’enfant, notamment à l’adolescence. Vous pouvez échanger avec elle sur les raisons pour lesquelles elle poste des photos ou vidéos d’elle sur les réseaux sociaux ou pourquoi elle discute avec des inconnus. Découvrez nos conseils sur la page Mon enfant et les réseaux sociaux” du dossier “Parentalité numérique et cyberpédocriminalité”et notre clip pédagogique clip pédagogique.

Je ne comprends pas comment les photos peuvent se retrouver sur le Darknet et comment elles sont utilisées. Pouvez-vous m’expliquer ?

Le darknet est un sous-ensemble d’Internet qui permet de communiquer et d’échanger de façon anonyme. Cette partie invisible du web pour les navigateurs classiques donne lieu à de nombreuses activités illégales, notamment le trafic humain et l’exploitation sexuelle des enfants. Lorsqu’on partage des images sur internet, il suffit d’une capture d’écran ou “capture vidéo” pour que quelqu’un puisse les enregistrer et ensuite les partager sur le darknet. Elles peuvent être utilisées comme illustrations de guides pour prédateurs sexuels, détournées sur des sites pédopornographiques, commentées et partagées sur des forums de discussion sur les fantasmes sexuels de pédocriminels ou même être utilisées pour essayer de retrouver et traquer les enfants concernés…

En quoi est-ce si dangereux alors que c’est en ligne et donc à distance ?

Souvent on peut avoir l’impression que ce qu’on fait en ligne n’a pas de conséquences dans la “vraie vie”, et pourtant les dangers sont réels. Il peut arriver que des pédocriminels tentent de recouper des données sur votre enfant à travers les photos / vidéos / informations publiées (comme son école, ses lieux de loisirs ou de vacances, ses amis, sa famille, ses habitudes ou ses goûts…). En suivant différents comptes de votre famille ou de votre entourage (tante ou cousins de l’enfant par exemple) qui ne seront pas forcément paramétrés en mode privé.

Il faut avoir conscience que même si c’est en ligne et à distance, la géolocalisation ou l’estimation d’un périmètre géographique (en recoupant différents lieux) sont possibles. Des individus malintentionnés peuvent donc retrouver d’où viennent les photos ou vidéos postées ou retracer des itinéraires. Peu à peu, ils pourraient avoir de plus en plus d’informations pour approcher et piéger votre enfant. Outre la cyberpédocriminalité, la publication d’images ou vidéos peut aussi exposer votre enfant à d’autres risques : harcèlement et moqueries à l’école par d’autres enfants, usurpation d’identité, photomontages dégradants / humiliants, réputation numérique qui pourrait perdurer à l’âge adulte y compris en cas de recherche d’emploi… Vous pouvez vous poser la question si ce contenu pourrait être embarrassant pour votre enfant mtn ou dans 10 ans.

Votre clip montre l’exemple « cliché » d’une petite fille et d’un homme adulte inconnu derrière un ordinateur. Est-ce que ces personnages sont représentatifs de la réalité ? Pourquoi ne pas mettre un petit garçon ou une personne connue de leur entourage comme agresseur ?

Cet exemple peut en effet sembler cliché mais il est représentatif de la réalité car d’après les chiffres : la grande majorité des prédateurs sexuels en ligne sont des hommes et les filles sont plus exposées que les garçons aux risques de cyberviolences. (E-enfance 2021 ; OCRVP 2020)

Mais les garçons sont également concernés par les risques de (cyber) pédocriminalité. Notre message s’adresse tout autant aux parents de filles que de garçons. Et concernant le prédateur, il n’y a pas vraiment de profil-type (milieu social, âge, profession…), cela peut être Monsieur ou Madame-tout-le- monde. Rappelons plus de 80% des violences sexuelles sur mineurs sont commises par une personne proche de l’enfant. Mais avec Internet, outre les risques dans l’entourage de l’enfant, c’est élargir les risques potentiels à des milliers d’autres prédateurs inconnus.

Est-ce que ce n’est pas trop exagérer ? Est-ce qu’il ne suffirait pas de conseiller aux parents de mettre de bons paramètres de confidentialité sur leurs réseaux sociaux (e.g. comptes privés) ?

Paramétrer ses comptes en privé est en effet une forme de protection, et c’est une démarche que nous recommandons vivement. Cependant cela ne suffit pas à garantir la diffusion limitée de l’image de son enfant. Même si le droit à l’image interdit le fait de récupérer des photos et vidéos de personnes sans leur consentement, il est difficile de garantir que vos proches n’utiliseront pas des images de vous sur leurs réseaux (même avec les meilleures intentions de leur part). Et même s’ils ont également des comptes privés, ce ne sera pas forcément le cas de tous leurs proches et ainsi de suite. Une fois qu’une image est publiée sur Internet, il est impossible d’en assurer le suivi et elle peut facilement être récupérée à notre insu (ne serait-ce qu’avec une capture d’écran).

Comment prendre moins de risques si on publie des images de ses enfants sur Internet ?

Evitez si possible de faire apparaître le visage des enfants (photos de dos, visages floutés ou cachés par des émoticônes…). Désactivez / ne pas tagger la localisation. Attention aux postures ou tenues qui pourraient paraître suggestives. Limiter l’accès en paramétrant son compte en mode privéRetrouvez d’autres conseils pour de meilleurs usages numériques en famille dans notre dossier Parentalité numérique et cyberpédocriminalité et le document téléchargeable “10 conseils de CAMELEON pour parents connectés.”

https://www.cameleon-association.org/2022/02/25/les-do-et-les-dont-pour- familles-connectees/

Qu’est-ce que l’association CAMELEON ?

CAMELEON est une association de solidarité internationale, reconnue œuvre de bienfaisance et d’assistance, qui a été créée en 1997 par Laurence Ligier. Depuis 25 ans, elle agit pour la protection de l’enfance, en particulier pour lutter contre les violences sexuelles intrafamiliales et la cyberpédocriminalité, en France et aux Philippines.

Pour en savoir plus, consulter notre site https://www.cameleon-association.org/

Comment soutenir CAMELEON ?
    • Relayer la campagne #LePartage : Pour sensibiliser son entourage, et notamment les parents autour de soi, sur les risques de détournement d’images de mineurs sur Internet par des pédocriminels.  Clip de sensibilisation #LePartage
    • S’abonner à nos réseaux sociaux et newsletter pour repartager/reposter nos contenus et faire connaître le combat / les actions de CAMELEON.  S’inscrire à la newsletter

    • Faire un don et/ou adhérer à l’association pour soutenir nos programmes en France et Philippines. FAIRE UN DON en ligne pour protéger les enfants avec CAMELEON – ADHÉRER à notre association.

    • Parrainer un enfant victime de violences sexuelles ou d’un milieu défavorisé et lui permettre d’avoir un meilleur avenir. Vous créez un véritable lien avec des échanges de lettres sur du long-terme.

    • Devenir bénévole : pour donner de son temps, être formé.e, offrir ses compétences au service de la protection de l’enfance.

    • Mobiliser son entreprise pour promouvoir des événements / campagnes / ateliers de sensibilisation ou mettre en œuvre des opérations solidaires auprès des collaborateurs (journées solidaires, collecte de dons ou en nature, arrondi sur salaire, parrainage en entreprise, mécénat de compétences…).