“J’ai passé dix semaines au sein des maisons d’accueil de CAMELEON, pour y mener une étude d’impact de l’utilisation du cirque et de la danse dans le processus de reconstruction personnelle des enfants victimes de violences sexuelles, mais aussi pour y animer des cours de danse et participé à la création d’un spectacle pour leur représentation annuelle au centre commercial Robinsons.

Je ne me suis jamais sentie aussi valorisée et pleine de confiance que lorsque je voyais les filles se découvrir, se défouler et s’épanouir dans mes cours de danse, à travers leur concentration et leur lâcher-prise, leur joie et leur sincérité. Elles ont fait preuve d’une attention, d’une motivation et d’une détermination que je n’ai pu constater que dans des écoles de danse professionnelles. Elles rayonnent de tendresse et de chaleur humaine ; évoluer à leurs côtés fut un pur bonheur.

L’investigation m’a fait vivre des moments d’échanges uniques, que ce soit avec les bénéficiaires ou le personnel de l’association, de mieux comprendre comment mettre des personnalités différentes en confiance, d’apprendre à écouter et agir face à des témoignages difficiles qui relatent de graves traumatismes…

Travailler dans une association de solidarité internationale m’a permis de découvrir les enjeux du volontariat, de l’investissement qu’il suscite, ses innombrables contreparties, la possibilité de partager un quotidien avec d’autres volontaires provenant de parcours et d’horizons distincts, ainsi qu’une manière différente de travailler selon le rythme de Caméléon et des Philippines, les défis quotidiens pour s’y adapter, tout comme les surprises agréables et inattendues qui en découlent de par nos différences culturelles.

CAMELEON fut de loin l’expérience la plus enrichissante que j’ai vécue, notamment parce qu’elle a bouleversé autant de niveaux différents – personnel, social, universitaire et artistique. Je comptais sur ce stage pour m’éclairer à travers la pratique sur ce que je préférais faire : danser et donner des cours de danse, ou plutôt faire de la recherche, mener des enquêtes de terrain, ou encore voyager et m’investir dans des associations de solidarité internationale.

Au fur et à mesure de mon stage, je me suis rendue compte que j’aimais autant ces trois vocations, et d’autant plus lorsqu’elles étaient combinées. Et depuis que je suis rentrée en France, plus le temps passe, plus mes envies se confirment : je veux entrer dans une école de danse et poursuivre mes études avec un doctorat, dans l’espoir d’intervenir dans des associations similaires au travail de Caméléon à la fois en tant que danseuse professionnelle et chercheuse en danse-thérapie. Mon expérience à Caméléon m’a ainsi donné la certitude, la force et la confiance de poursuivre dans chacune de ces voies et de tenter de leur donner une chance d’exister.”