Génération ultra-connectée, nos enfants sont des « digital native », pour la plupart capables d’utiliser des écrans tactiles en même temps qu’ils apprennent à parler ! Pour les ados et pré-adolescents en pleine construction identitaire, Internet et les réseaux sociaux sont un vrai terrain d’expérimentation sociale, où ils peuvent s’affirmer et obtenir la reconnaissance de leurs pairs.

D’après un rapport publié en 2016 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, les enfants de 11 ans passeraient plus de 5 heures par jour devant les écrans, et plus de 8 heures par jour pour les adolescents de 15 ans ! Leurs activités sont variées : ils font des recherches, regardent des vidéos, échangent avec leurs amis, consultent des forums et jouent aussi en ligne. Ils ont accès à des plateformes et des contenus presque à tout moment du jour et de la nuit, et de pratiquement n’importe où, pour autant qu’ils soient connectés.

Cela n’est pas sans conséquence sur leur santé pour ceux qui veillent tard sur leur écran ou passent énormément de temps sur les réseaux sociaux. Plusieurs études nationales ont fait état d’une fatigue et d’un manque de sommeil chroniques, mais aussi de troubles de la concentration dans la durée et parfois d’une altération de l’estime de soi (pour celles qui postent régulièrement des photos d’elles et recherchent à tout prix l’approbation des autres par exemple).

Enfin, certains adolescents risquent d’être exposés à des violences de la part d’adultes ou de leurs camarades, mais aussi d’êtres auteurs. Si elles débutent dans un espace virtuel, leurs conséquences peuvent néanmoins être bien réelles ! C’est pourquoi il est important de les informer sur ces dérives et de pouvoir les aider à adopter des comportements responsables pour respecter autrui et protéger leur vie privée.

Protéger ses données personnelles et sa vie privée

Il est important que les jeunes comprennent que les informations ou les photos mises en lignes sont des traces numériques sur leur identité et sur leur vie qui peuvent rester visible pour tout le monde et pour toujours. Demandez-leur de se poser les questions suivantes avant de poster :

  • est-ce qu’ils seraient d’accord pour l’afficher à l’entrée de leur collège / lycée ?

  • est-ce qu’ils seraient d’accord pour qu’on le partage à des inconnus ?

  • est-ce que cela pourrait leur faire du tort ?

  • est-ce qu’ils seraient d’accord pour que cela soit exposé dans 10 ans ?

S’ils ont créé des comptes sur des réseaux sociaux, aidez-les à paramétrer l’accessibilité et la confidentialité de leur profil et/ou mettez à leur disposition des supports de prévention qu’ils pourront consulter.

Vous pouvez imprimer ici ce dépliant d’information de l’association e-Enfance.

Les adolescents d’aujourd’hui, notamment les jeunes filles, n’hésitent pas à se mettre en scène pour produire et échanger des images à caractère intime. Il est essentiel de les informer sur les risques de cyberviolences sexistes et sexuelles. 

Responsabilisez-les aussi sur ce qu’ils partagent, sur la nécessité d’être respectueux et d’avoir eu le consentement des personnes concernées. Petit rappel juridique : les personnes (y compris mineures) qui harcèlent quelqu’un par des propos ou comportements répétés peuvent risquer jusqu’à 45 000 euros s’ils sont commis sur des mineurs de quinze ans et par le biais de supports numériques ou électroniques (article 222-33-2-2 du Code pénal)

Un clip de sensibilisation pour réfléchir aux conséquences potentielles de ses actes en cas de partage non consenti :