Comment as-tu connu CAMELEON ?

J’habitais près de l’ancien bureau dans le 14ème et après être passée devant la vitrine j’ai fais quelques recherches. Cette association m’a parue correspondre à mes attentes car je cherchais à m’engager à Paris mais également à l’étranger et CAMELEON m’a offert ces deux possibilités.

Quand as-tu commencé ?

Ça doit faire deux ans ou deux ans et demi.

Pourquoi CAMELEON ?

Parce que les compétences que j’offrais n’étaient pas des compétences habituelles puisque je propose des formations dans le milieu de l’hôtellerie, et ça ne correspond pas toujours aux demandes des associations. Or, ça a intéressé CAMELEON immédiatement. En plus, en complément j’ai également pu proposer des ateliers d’art plastique et CAMELEON a apprécié cette idée.

Lors de ta période de bénévolat en France, quelles étaient tes missions ?

Au début j’étais surtout sur le pôle événements, notamment dans la participation et l’organisation d’événements. Je devais débuter sur le pôle actions écoles, notamment pour démarcher des établissements scolaires. Malheureusement, n’ayant pas vraiment d’expérience dans ce domaine, j’était pleine de bonne volonté mais je n’ai pas vraiment pu faire aboutir ce projet.


Tu es également marraine ?

Oui, je suis devenue marraine au retour de ma première mission sur le terrain.

Au bout de combien de temps as-tu décidé de partir aux Philippines la première fois ?

Après 5 ou 6 mois de bénévolat en France.

Pourquoi as-tu voulu partir ?

M’engager dans une association, c’était l’occasion de voir la concrétisation de ce que je faisais sur le terrain . C’était donc très important pour moi de comprendre, de voir et d’être auprès des personnes pour qui je m’engage.

Avais-tu des appréhensions avant de partir ?

Pas plus que ça ! J’ai déjà voyagé donc cet aspect-là ne m’inquiétait pas. CAMELEON prépare également très bien ses volontaires, il y a beaucoup d’informations mises à notre disposition avant de partir.

Qu’as tu ressenti en enseignant ton métier à des enfants victimes de violences et qui sont également issus d’une culture très différente de la tienne ?

C’était très intéressant et très gratifiant car les enfants là-bas sont moins gâtés que les nôtres et tout ce qu’on leur apporte ils le prennent avec bonheur, ils sont très heureux qu’on vienne et qu’on leur enseigne quelque chose, ils le montrent et sont très enthousiastes. C’est un vrai échange. En France, je ne me sentirais pas capable de former un groupe de jeunes, alors que là-bas ça n’a rien à voir.

Tu es donc devenue marraine après ce premier voyage et tu as rencontré ta filleule lors de ta seconde mission. Raconte-nous votre rencontre.

C’était touchant et émouvant. Par courrier ce n’est pas pareil, c’est très différent de se retrouver face à la personne. J’ai pu vraiment voir l’émotion que ça lui procurait, c’était vraiment sincère. On a parfois l’impression que le parrainage c’est juste un engagement financier en échange de quelques lettres et que c’est pareil du côté de l’enfant, mais finalement non. Je pense sincèrement que l’accompagnement est important pour l’enfant, que ce soit les lettres ou les rencontres. J’ai d’ailleurs pu le voir avec d’autres enfants du centre de ma filleule; lorsqu’ils reçoivent des lettres, ils sont super heureux et les gardent avec eux pendant plusieurs jours.

Un troisième voyage de prévu ?

Pourquoi pas !

As-tu rencontré des difficultés ?

Bon, forcément la chaleur est un peu dure à vivre ! Le deuxième séjour a été plus compliqué car on était de nombreux volontaires et je n’ai pas l’habitude de vivre en communauté. Même si ça se passait très bien, pour moi qui n’aie plus 20 ans c’est un peu compliqué. Sinon, tout s’est bien passé.

Tu es rentrée il y a deux mois et en parallèle de ces deux voyages et de ton bénévolat, tu as fait beaucoup de choses en France. En effet, tu n’as pas hésité à ouvrir ton carnet d’adresses pour nous aider à organiser notre « Exposition Frontières ». Comment as-tu présenté CAMELEON dans ce cadre et comment cela a été accueilli ?

Mes connaissances sont déjà au courant de mon implication dans CAMELEON et ils y sont sensibles. En fait, c’est un peu compliqué car ils sont très à l’écoute, très intéressés, surtout quand je pars aux Philippines ils veulent tout savoir, en revanche c’est plus compliqué de les mobiliser après. J’ai d’ailleurs eu des difficultés à comprendre cela. Finalement je l’accepte, c’est vrai qu’on ne peut pas demander à tout le monde de s’impliquer pour les choses qui nous touchent.

Organiser un événement, c’est une très bonne idée pour mobiliser les gens car il y a un côté divertissement en même temps. En règle générale, je parle souvent de CAMELEON, les gens me demandent souvent comment se passe mon engagement à l’association et aujourd’hui, cela fait partie de ma vie.

Tu as aussi mobilisé ta fille de 17 ans, pour l’organisation d’un concert. Tu es en train d’assurer la relève au niveau du parrainage et du bénévolat en France en fait ?

Nous en avions parlé il y a longtemps, en se disant que ça pourrait être sympa à faire et je savais que dans son entourage, il y avait pas mal de jeunes qui faisaient de la musique. Donc, elle a pris le temps et l’énergie, avec une amie à elle, de se lancer dans ce projet. Elles étaient très fières, très contentes de ce qu’elles ont fait, pourtant ça leur a demandé beaucoup d’énergie.
En même temps elles ont appris beaucoup de choses car elles ont tout organisé et cela fait appel à des compétences et des qualités qu’elles n’exploitent pas dans leur vie quotidienne. Mais, elles étaient très heureuses d’avoir collecté de l’argent pour une bonne cause et je pense que c’est important que ma famille s’y intéresse aussi.

Retrouvez le concert en photos

En ce qui concerne les missions de bénévolat France, as-tu des projets pour les mois à venir ?

Oui, nous sommes en train de réfléchir à une organisation plus solide de la base des bénévoles France, et dans cette organisation je deviendrai une sorte de coordinatrice générale des bénévoles, notamment pour tout ce qui est communication, mobilisation, fédération, etc.